Plusieurs de celles qui consulteront ce manuel ont participé à la Quatrième Conférence Mondiale des Nations Unies sur les Femmes, à Beijing, en Chine, en 1995. D’une façon ou d’une autre, celles qui ont assisté à cette rencontre ont bénéficié de financement pour pouvoir y aller. D’autres n’ont pas réussi à trouver de financement pour ce faire ou ont choisi d’utiliser l’argent dont elles disposaient à d’autres fins. Nous travaillons toutes dans des organisations actives au profit des femmes, et la plupart du temps nous nous demandons comment nous allons trouver de l’argent, pour les activités de l’organisation ou pour des actions particulières, comme participer à des rencontres. Il semble qu’il n’y a jamais suffisamment d’argent pour ce que nous voulons réaliser!

Et pourtant, c’est certain: il y a de l’argent quelque part. Subvenir à ses propres besoins en financement ou parvenir à imaginer comment trouver de l’argent pour mener à bien des programmes de valeur renforce l’autonomie et est profondément gratifiant.

Les idées ci-dessous sont proposées pour renforcer les capacités d’autonomie. Pour nous, cela signifie: avoir une idée, un plan pour réaliser cette idée, et savoir quelles sont les premières étapes à mettre en œuvre pour réaliser ce plan.

Maintenant, abordons quelques idées globales sur la recherche de fonds, et voyons comment ce processus peut être générateur d’autonomie.

Tout d’abord, rappelons la pensée de Gandhi: “Si la cause est juste, les moyens suivront”. En d’autres termes, la cause doit être juste. Si votre idée est de demander à d’autres (individus, fondations, sociétés ou autres agences) de financer votre voyage pour assister à une réunion ou de vous donner des fonds pour une activité, vous devez définir clairement pourquoi vous devez assister à cette réunion ou réaliser cette activité: quel avantage supérieur résultera de ce projet? Quel bénéfice à long terme sera tiré de la mise en œuvre du projet? Si vous pouvez répondre, pour vous-mêmes, à ces questions, vous serez en mesure de passer à “l’étape” suivante.

L’étape suivante consiste à avoir un “produit” que vous vous sentez fière de “vendre”. Votre groupe (ou votre organisation) est-il bien géré? Vos plans sont-ils clairs? Votre programme ou votre projet est-il cohérent avec vos objectifs principaux? Avez-vous un groupe de personnes qui vous conseille, vous assiste, vous fait part de ses critiques (un “conseil d’administration ou de direction”)? Avez-vous associé à votre groupe des représentantes des populations qui seront affectés par le travail que vous faites? Si vous êtes à même d’approcher des bailleurs de fonds potentiels, armée de la certitude que votre cause est valable et que votre organisation (tout aussi petite, récente et modeste soit-elle), vous serez en mesure de passer à “l’étape” suivante.

Cette étape-là se résume très simplement: “Demandez et l’on vous donnera!” Si vous demandez à suffisamment de gens, d’institutions et d’agences (et si votre cause est juste et que votre groupe est bien géré), vous parviendrez à trouver des fonds. Si vous ne demandez pas, vous ne recevrez rien. Cela peut être très difficile dans certaines cultures, et c’est peut-être dommage, mais notre expérience nous a montré qu’il en va le plus souvent ainsi. Un sage a dit: “Je vous conseille de vous adresser à tous ceux dont vous savez qu’ils vont donner quelque chose, puis à tous ceux dont vous n’êtes pas sûre s’ils vont donner quelque chose ou non, en leur montrant la liste de ceux qui vous ont déjà donné; et ensuite, ne manquez pas de vous adresser à tous ceux dont vous êtes sûre qu’ils ne donneront rien, car pour certains d’entre eux, il se peut que vous vous soyez trompée”. En d’autres termes: Si vous voulez que quelqu’un vous donne de l’argent, demandez-le! Si votre cause est juste, les gens à qui vous vous adresserez voudront y être associés.

Quand vous demandez de l’argent aux autres, posez-vous la question: Ai-je donné de l’argent, moi-même? (Il se peut que vous répondiez vite: “Oh, mais je donne du temps et de l’expertise!”) Bien sûr que vous le faites. Vous croyez en cette cause et donc vous y consacrez beaucoup de temps. Mais il est très important que vous-même donniez de l’argent, si peu que ce soit, quand vous en demandez aux autres. De cette façon vous pouvez demander de l’argent de façon bien plus crédible.

Lorsque nous-mêmes devenons donatrices, nous savons combien il est difficile de choisir quel groupe appuyer. En devenant vous-même donatrice, vous rendez plus égale la relation avec les autres donateurs, et vous commencez à comprendre ce que ressent un donateur lorsqu’il ou elle n’est perçue que comme une source d’argent et non un partenaire de valeur qui travaille au progrès d’une cause mutuellement partagée. Souvenez-vous d’un autre proverbe: “Nous vivons de ce que nous recevons. Mais notre vie se construit de ce que nous donnons”. Votre capacité au pouvoir tient à ce que vous demandez et de ce que vous donnez, et vous pouvez alors passer à “l’étape” suivante.

L’étape suivante est, elle aussi, très simple: Dites “Merci!” et efforcez-vous d’associer les gens qui ont donné pour votre cause dans vos activités. Le donateur fait maintenant partie de votre cause. Il est avec vous, et non à l’écart de vous. Il partage votre vision et fait partie de votre groupe, c’en est une partie très importante. Remerciez-le, associez-le, redemandez-lui son appui, puis remerciez-le encore, et ainsi de suite.

Votre capacité à agir sera renforcée par les gens qui donneront pour votre cause, et ils seront renforcés par vous-mêmes et par votre groupe!

Introduction

Femmes, argent et pouvoir

Les leçons de l’expérience

Où trouver des fonds?

Rechercher des financements pour un projet limité ou débutant

Organisations qui financent les groupes de femmes


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